Fallout 76 (PS4/XBOX)

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Un des jeux vidéo les plus décriés est-il si mauvais que cela ?

Et bien il n’y a pas 36 manières de le savoir. Et c’est la question que je me suis posée quand j’ai lu les critiques extrêmement négatives qu’il pouvait y avoir sur le jeu. Après plus de 250 heures de jeu, je pense pouvoir donner légitiment, mon avis.

Des critiques à la pelle

Car Fallout76, c’est avant tout cela, des critiques, des injures et autres à ne plus voir que cela sur internet. Et il est vrai que le jeu est sorti bien trop tôt. Personnellement, je m’y suis attelé 6 mois après sa sortie, quand la majorité des bugs avaient été corrigés et où l’on pouvait trouver quelques commentaires très positifs sur le jeu, qui m’on fait basculer dans son achat. Dans ses critiques, on trouve bon nombre de fan, des anciens Fallout qui sont déçus, ceux qui ont été exaspérés par les bugs à la sortie, ou encore ceux qui critiquent l’absence de PNJ « humains » dans le jeu. Personnellement, je n’avais jamais joué à un Fallout avant, et discuter avec des robots ou des ordinateurs dans un monde post-apocalyptique ne me paraissait pas si délirant que cela. Donc j’ai franchi le pas, d’autant que Fallout 76 avait un avantage de taille.

Un RPG solo avec une dose de multi s’il vous plait.

Car oui, Bethesda a réalisé un montage qui me plait particulièrement. Prendre son RPG solo phare Fallout pour en réaliser un nouveau où l’on pourrait jouer (ou pas) avec d’autres joueurs. Vous pouvez faire l’aventure totalement solo, ce que j’ai fait, tout en participant à quelques phases en multijoueur. Le fait de limiter le nombre de personnes connectées à une vingtaine, sur une carte si gigantesque, ne vous fera pas croiser d’autres personnes à chaque coin de rue. Par contre, vous les trouverez souvent dans les lieux symboliques, comme les gares, ou les grands bâtiments importants. J’ai d’ailleurs été agréablement surpris que de temps à autre, certaines personnes se joignent spontanément à ma quête pour m’aider et avancer dans le jeu. À l’inverse, j’ai été peu désireux que quelqu’un vienne essayer de me voler mon atelier quand j’étais en train d’en extraire un maximum de ressources. C’est cela la magie du RPG solo, avec une dose de multi. Et je trouve ce concept vraiment génial, vous permettant de jouer à un grand open world, tout en croisant de temps à autre d’autres personnes. À cela s’ajoutent des évènements spontanés sur la carte, où les joueurs se retrouvent afin de réaliser une tâche spécifique avant que l’évènement ne disparaisse. Je trouve cette singularité solo-multi vraiment révolutionnaire, d’autant que des garde-fous ont été installés pour vous éviter un affrontement non désiré. Vous devez en effet répliquer à une attaque pour que le combat commence, sans quoi, l’ennemi n’aura aucun impact sur vous. Mais en prenant par exemple un atelier, vous devenez vulnérable tant que celui-ci vous appartient.

Une histoire de robots ?

Oui, bien que les PNJ  humains arrivent dans le prochain DLC gratuit à la demande des joueurs, actuellement vous ne discuterez qu’avec des robots et des ordinateurs. Dans un monde post-apocalyptique je trouve qu’il n’y a rien de choquant. De plus, tous les dialogues sont doublés en français ce qui ajoute de l’immersion au titre de Bethesda. L’histoire est assez simple, vous sortez de votre abri nucléaire des années après la grande explosion et la contamination du monde. Votre mission est de repeupler la terre et de découvrir ce qui s’y passe désormais. Entre zombies, sulfuries et orcs, vous allez devoir jouer de la hache pour vous frayer un chemin. Alors certes, il n’y a pas d’humains, mais cela n’empêche en rien à certains robots d’avoir leur propre personnalité et leur propre humour. J’ai personnellement aimé certains d’entre eux qui étaient assez drôles ou assez portés sur l’humour noir. De plus à votre sortie, vous serez guidées dans la quête du superviseur, c’est un peu comme professeur qui est sorti quelque temps avant vous et qui vous a laissé bon nombre d’enregistrements audios pour vous guider. Vous ne serez donc pas non plus complètement coupé de l’humanité dans ce jeu.

De la quête en veux-tu en voilà.

Car oui, c’est un RPG et comme dans tout bon RPG il y a des quêtes. Alors même si la plupart sont données par des robots et consistent à fouiller des sites ou des ordinateurs, je ne les ai pas trouvés fedex. Si on se force un peu à lire (pas tout) les textes proposés alors il y a quand même quelques histoires intéressantes derrière les quêtes secondaires. Et je ne me suis pas lassé de l’histoire tout au long de mes 250 heures de jeux. Ce ne sera pas ma meilleure expérience narrative, mais c’est loin d’être la pire que j’ai connu. C’est pour cela qu’il existe encore aujourd’hui malgré les nouveaux déboires de Bethesda, une communauté qui aime ce jeu.

Une grande carte, mais avec des graphismes d’une autre époque.

Là encore, ce monde post-apocalyptique est très vaste et c’est une bonne nouvelle. La carte est riche, en lieux principaux, en lieux secondaires, et autres petits lieus plus isolés comme certaines maisons. Et c’est un délice de se balader sur celle-ci. Même s’il est à noter que les déplacements rapides vous couteront quelques capsules (monnaie du jeu), elles sont très faciles à récupérer en revendant le fruit de votre farm. On se plaira donc à aller à la fabrique de munitions pour la remettre en route (et faire le plein), retourner à Washington, ou aller faire péter une bombe nucléaire depuis un abri atomique.

Mais tout cela au prix d’un sacrifice visuel pour les yeux. Car une fois de plus, Bethesda nous ressort son moteur d’un autre âge. Et il est clair que la modélisation est bien loin d’atteindre les standards actuels. Bethesda s’explique sur le fait qu’en utilisant ce vieux moteur, ils le maîtrisent parfaitement. Mais force est de constater que vu les bugs (même si la plupart ne sont pas bien méchants) on se permettra de douter de cette affirmation… Heureusement, les textures et les effets d’ombres viennent rattraper un peu ce retard. Car pour avoir fait des dizaines de photos, il faut avouer que certains paysages restent très beaux sans être magnifiques. C’est bien dommage, mais il ne faut pas oublier qu’on est sur un monde ouvert en mode multi, qui laisse forcément une part d’optimisation derrière lui. Mais il est certain que Bethesda ne sait pas non plus foulé, en reprenant le moteur de Fallout 4, qui était déjà dépassé.

Et le gameplay dans tout cela.

Si vous faites abstraction de certains bugs, qui font parfois rager, le principe du jeu est bon. Un RPG solo dans un monde post-apocalyptique où vous devrez remplir des quêtes pour continuer dans l’histoire. Tout en combinant un peu de multi, qui vous permettra de stopper votre aventure pour vous adonner à d’autres envies comme la capture d’atelier ou la chasse à la sulfurie. Capture d’atelier bien pratique car elle vous permet d’obtenir des matériaux ou objets de crafting sans à avoir démanteler des objets récupérés par vos soins. Car Fallout c’est aussi beaucoup de crafting. Pour améliorer vos équipements et autres. Vous finirez par connaitre par cœur les objets et de quoi ils sont composés. Car certains objets comme les vis et les engrenages sont plutôt rares et ne se trouvent que dans certains objets (ventilateurs, machines à écrire et autres). Et il faut vite avouer qu’on devient vite addicte au crafting au vu des améliorations proposées quand on a les pièces nécessaires. Entre les améliorations d’armes et d’armures, et les objets pour le camp ou vos ateliers, il y a de quoi faire. Et c’est une des grandes forces de Fallout (comme les autres) et ces mécanismes sont toujours les bienvenus. Naturellement la carte est peuplée de créatures et de robots pour la plupart hostiles, et vous serez donc aussi en permanence au contact direct des derniers habitants de la planète… Sans compter la chasse à la sulfurie géante qui vous donnera l’impression d’être dans une vraie guerre, aux côtés des autres joueurs, avec l’adrénaline mais aussi les récompenses (armes légendaires) qui vont avec.

Bethesda ne lâche pas.

Le prochain DLC « wastelanders » arrivera dans quelques jours et espérons qu’il tiendra ses promesses. Malgré quelques déceptions récentes, comme l’arnaque à l’abonnement qu’est Fallout First, ou les derniers objets ajoutés à la boutique qui sont semi paytowin, Bethesda semble vouloir tenir à son bébé. En plus du mode Battle Royale qui fonctionne plutôt pas mal, ce nouveau DLC du mode histoire, qui réintroduira les PNJ humains dans le titre, pourrait encore améliorer ce titre.

Ce titre n’est donc pour moi pas mauvais du tout, et c’est un très bon moment que j’ai passé sur ce Fallout 76. Reste à voir si je le relancerai pour le prochain DLC, car il y a encore beaucoup d’autres jeux, dont quelques pépites bien meilleures, à tester…

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